Espace presse

Gallen-Kallela, mythes et nature

Du 11 mars au 25 juillet 2022
Musée Jacquemart-André
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Damien Laval, Claudine Colin Communication
01 42 72 60 01

damien@claudinecolin.com

En 2022, le musée Jacquemart-André met à l’honneur l’œuvre du peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela (1865-1931). À travers près de soixante-dix œuvres issues de collections publiques et privées, comptant notamment des tableaux exceptionnels du Musée Gallen-Kallela d’Espoo, l’exposition explore un aspect dominant de son œuvre et traversant l’ensemble de sa carrière, à savoir le thème de la nature et du paysage finlandais.

Des nuages se reflètent, tantôt mats tantôt brillants, selon que la glace a fondu ou laisse une fine trace sur l’eau. Une neige cotonneuse invente des formes nouvelles. Un arbre tranche l’horizontalité du paysage et vient souligner l’intense solitude qui règne dans cette contrée nordique. Gallen-Kallela a su représenter la Finlande avec un lyrisme incomparable. Tournant le dos à la modernité urbaine, il a ancré son œuvre dans une nature sauvage d’une beauté majestueuse, suivant le déroulé chatoyant des saisons en prenant pour motif les denses forêts et les innombrables lacs finlandais. Symphoniques, ses paysages vibrent de toute la puissance des éléments naturels comme habités de forces, mythologiques et sacrées. 

 Si des œuvres de Gallen-Kalella avaient déjà été présentées lors d’expositions thématiques, centrées sur l’art finlandais ou l’art nordique, c’est la grande rétrospective que lui a consacrée le musée d’Orsay en 2012 qui a permis au public parisien de découvrir l’ensemble de sa carrière.

L’exposition du musée Jacquemart-André se propose d’étudier de manière plus approfondie la question de la relation de l’artiste à la nature, qui évolue au cours sa carrière. Ethnographique à ses débuts, elle se nourrit de la pensée ésotérique dans les années 1895 pour acquérir une amplitude inégalée au tournant du XXe siècle. Cette mutation s’accompagne d’un changement de style qui du naturalisme évolue vers le symbolisme.

La construction de sa maison-atelier Kalela en 1894, loin des villes et de la modernité, occupe une place centrale dans la définition tant artistique que conceptuelle du rôle de l’artiste dans la nature. Au sein d’un microcosme tourné tant vers l’extérieur que l’intérieur, Gallen-Kallela a tenté de concrétiser un idéal artistique qui s’exprime aussi fortement dans son œuvre.

Le peintre s’est formé à Helsinki, puis à Paris au sein de l’académie Julian et de l’atelier Cormon, dont l’influence se retrouve dans ses scènes de genre au goût naturaliste mettant à l’honneur la paysannerie finlandaise. La maison-atelier, qu’il fait construire au cœur de la campagne finlandaise, présente une grande diversité de media, des arts graphiques aux arts décoratifs. Une importante section de l’exposition est ensuite consacrée aux figures mythologiques du Kalevala. Enfin, le parcours se termine avec des paysages sauvages animés une émotion sacrée, une nature habitée par une présence spirituelle. Le vocabulaire de reflets, de bruissements et de silence que développe Gallen-Kallela, au tournant du siècle a fixé jusqu’à nos jours l’identité du paysage finlandais.

Commissariat

Laura Gutman est historienne de l’art et commissaire d’expositions. Spécialiste des échanges artistiques entre la France et les pays nordiques, elle s’est également penchée sur les questions de géographie culturelle. Elle est membre fondateur de la société « The Birch and the Star. Finnish Perspective on the Long 19th century ». Elle a été commissaire de plusieurs expositions dont elle a dirigé les publications : Musique et Silence. Le symbolisme finlandais, Ateneum, Helsinki (2007), Mon cher ami. Henri de Vallombreuse, l’ami parisien, Musée Gallen-Kallela, Espoo (2008), L’Art déco et les arts. France-Finlande 1905-1935, Amos Anderson Art Museum, Helsinki (2013), Le Néo-Rococo et le Nord, Gösta Serlachius Museum, Mänttä, et Sinebrychoff Art Museum, Helsinki (2015), Paris 1894. Le cercle finlandais autour de Gauguin et Strindberg à Paris, Tikanoja Art Museum, Vaasa (2017), Air de Paris, Helsinki Art Museum (2018), Émue aux larmes. Les émotions mises en scène, Sinebrychoff Art Museum, Helsinki (2018), Légendes des pays du Nord, Palais Lumière, Évian (2018), 1882. Un été nordique au château de Maisons, CMN Maisons-Laffitte (2022), Akseli Gallen-Kallela Mentor, Musée Gallen-Kallela, Espoo (2022).

Pierre Curie est conservateur en chef du patrimoine. Spécialiste de peinture italienne et espagnole du XVIIe siècle, il a également travaillé sur celle du XIXe siècle français au Musée du Petit Palais où il a commencé sa carrière de conservateur. Par la suite chargé du domaine de la peinture à l’Inventaire général, il a co-rédigé et conduit le Vocabulaire typologique et technique de la peinture et du dessin (paru en 2009). Nommé responsable de la filière peinture du département restauration du Centre de recherche et de restauration des Musées de France en 2007, il a coordonné et suivi quelques grandes restaurations de tableaux des musées nationaux (Léonard de Vinci, Titien, Rembrandt, Poussin…). Pierre Curie est conservateur du musée Jacquemart-André depuis janvier 2016.

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